Aller au contenu

Le pari Gronaque

Voulez-vous investir dans mes livres ? Pas d’inquiétude, ça ne vous coûtera rien.

Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Premièrement, répondons à une question. Plusieurs personnes, encore très récemment, m’ont demandé pourquoi est-ce que je ne contactais plus de maisons d’édition, pour mes livres. Déjà, je le fais, un peu, mais peut-être trop peu pour que ça marche. Pourquoi pas plus ? Premièrement, parce que c’est loin d’être aussi simple. Le marché de l’édition est très saturé, il fonctionne beaucoup en regardant ce qui est vendeur ou non, et ni mon nom d’inconnu ni mes livres parfois étranges ne sont vendeurs. Je ne suis pas non plus en train de dire “Je le mérite, mais je n’ai pas de chance”, car ajoutons à cela que je ne suis pas l’écrivain du siècle. Je ne dis pas que je ne vaux rien, je dis que j’ai une marge de progression, que ce n’est pas extraordinaire mais peut-être que quelques bonnes choses existent sur mon site. Pas assez, en tout cas, pour attirer l’attention d’un éditeur. Surtout que l’attention d’un éditeur, ça ne s’attire pas, ça se trouve. Et comment la trouver ? Je vous le demande. Plus personne n’accepte de manuscrits, c’est un véritable parcours du combattant et rien ne garantit que ça apporte quoi que ce soit, le contraire est plutôt vrai. Surtout qu’écrire est un processus assez intime auquel j’apporte beaucoup d’importance, chercher pendant des semaines la moindre adresse mail d’une maison d’édition qui ne répondra pas est une manière de jouer avec l’espoir et la patience assez déprimante. Alors qu’avec l’auto-édition, je n’ai de compte à rendre à personne, je fais mon truc et c’est tout. Ceci étant dit, s’auto-éditer, c’est bien, mais quand il y a des gens pour lire le livre auto-édité, c’est encore mieux.

Voici ma conclusion : je n’y crois plus. Je ne crois plus du tout au monde de l’édition, c’est peut-être con mais aucun espoir ne me reste de ce côté là. Je ne me vois pas faire quoi que ce soit d’autre de ma vie qu’écrire, mais je n’ai pas la force de prendre un chemin qui n’existe juste plus. Si c’était un chemin long et difficile, je le prendrais sans doute, mais là, plus que ne pas en voir le bout, on en voit pas le début. Peut-être que je m’y prends mal, que je n’y crois pas assez, mais c’est ainsi que je le ressens aujourd’hui.

Bon, je ne crois plus en l’édition et je n’ai pas une très haute estime de mes livres, mais cela ne veut pas dire que je ne crois pas en eux. Je suis sûr que quelque part, il doit bien exister une poignée de personnes à qui ça plairait. Ces personnes-là, les trouverais-je plus facilement avec une maison d’édition ? J’en doute. Mais qui sait ? Peut-être sont-elles tout de même quelque part. Je ne parle pas de centaines de ventes, mais dépasser les dix serait déjà un exploit. Bref : ça, j’y crois. Je suis sûr qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui attend juste d’ouvrir un de mes livres pour l’apprécier. Ce n’est peut-être pas de la grande littérature, mais cela fait bien longtemps qu’aucun livre n’a dépassé deux ventes et j’aime à croire qu’espérer un tout petit peu plus ne serait pas déraisonnable.

Alors, voilà ma question : y croyez-vous ? C’est une question sérieuse que je ne vous pose pas directement, pour que vous ayez le luxe d’y répondre en toute sincérité. Croyez-vous en mes livres ? Une question plus simple pour les personnes en ayant lus quelques uns, mais qui s’adresse à qui voudra bien y répondre, quelque soit la réponse. La suite, c’est pour celles et ceux qui y croient. Pas qui y croient comme y croiraient un éditeur, l’Académie Française, les cours de littérature du siècle prochain ou le jury du prix Goncourt, mais qui croient que ça peut faire un peu plus de deux ventes.

Pour ces gens-là, je vous propose le pari Gronaque. Qu’est-ce que c’est ? Un genre d’investissement qui ne coûte aucun argent. Pour comprendre ce pari, il faut aborder un autre sujet : l’argent. La plupart d’entre vous le savent déjà, mes livres ne me rapportent rien du tout et ne l’ont jamais fait. Par contre, ils me coûtent assez cher. Avant, mon procédé d’auto-édition était le suivant : écrire le livre, le relire sur ordinateur plusieurs fois, le faire imprimer, relire l’épreuve, la corriger sur mon ordinateur, le faire réimprimer et ainsi de suite jusqu’à obtenir une épreuve satisfaisante (jamais parfaite, mais vous avez peut-être lu ma lettre d’information concernant la page pour proposer des corrections). Or, mes livres, je les paye aussi. En général, je me fais à peu près 1€ de marge par livre vendu. Je vais donc payer 9€ un livre que vous auriez payé 10€. Si jamais je dois le faire imprimer trois fois avant d’avoir une épreuve satisfaisante, ça fait 27€ plus les frais de livraison (disons 5€ par envoi). Publier un livre à 10€ me coûte donc généralement environ 42€. Pour le rentabiliser, il faudrait que j’en vende 42 exemplaires, ce qui est très loin des deux habituels (merci encor aux deux personnes que je pourrais citer).

Je n’en suis pas à penser que je pourrais dès aujourd’hui être excessivement riche grâce à mes livres, mais me rembourser serait déjà sympathique. Comme ça n’arrive pas, je procède désormais différemment : je m’imprime une épreuve papier, que je relis une fois, et c’est tout. Ainsi, lorsque vous en achetez un, vous avez la version finale que moi-même ne me suis pas payée. Alors, pour un livre à 10€ (9€ pour moi plus 5€ de livraison, 14€ au total), il me faut désormais vendre 14 exemplaires pour être rentable. C’est plus probable, mais ça n’arrive toujours pas.

Voilà donc tout le défi du pari Gronaque. Si vous pensez que je peux dépasser 14 ventes sur un livre, nous signons un contrat. Que stipule-t-il ? Je fixe la date de sortie du livre, puis, un an après, regarde ce que j’ai gagné avec ses ventes. Là, je donne au “parrain” ou à la “marraine” du livre 50% des bénéfices. Bénéfices, ça ne veut pas juste dire ce que le livre rapporte, ça veut dire [ce que le livre rapporte] – [ce qu’il m’a coûté]. Donc pour notre livre-exemple à 10€ (me coûtant 14€ et rapportant 1€ par exemplaire vendu), le parrain ou la marraine gagne 0,50€ par exemplaire vendu à partir du 14°, rien du tout si le livre ne dépasse pas les 14 ventes (car, dans ce cas-là, il me coûte de l’argent et ne m’en apporte pas ; je ne demanderai pas au parrain ou à la marraine de participer aux 50% si ceux-ci sont négatifs).

À quoi bon faire cela ? Je pense qu’il est peu probable qu’un livre dépasse les 14 ventes, ce qui signifie que ce contrat serait plus un jeu qu’un véritable engagement à verser quoi que ce soit, mais on ne sait jamais. Si vous y croyez, si vous avez dans votre entourage 14 personnes pouvant être intéressées par le livre, pourquoi pas essayer ? Moi, je n’y crois plus vraiment, c’est plus une manière d’essayer de pêcher quelqu’un qui y croirait pour moi qu’autre chose. Mais bon, certains des livres sortant prochainement sont à 6€, donc on ne sait jamais, il suffirait qu’ils se vendent à plus de 11 exemplaires en un an.

Ça fait un peu désespéré, mais ça fait longtemps que je le suis, je l’assume complètement. Au contraire, je crois qu’il faut plutôt voir cela comme une porte que j’ouvre pour essayer quelque chose de nouveau. Si vous y croyez, nous pouvons essayer. Si vous n’y croyez pas, rien ne changera, je continuerai de sortir des livres pendant un moment, jusqu’à tout à fait ne plus y croire. Quoi qu’il arrive, je refuserais que quelqu’un se lance là-dedans par pitié, tout comme ça m’embêterait que quelqu’un achète un de mes livres pour cette raison (pour l’instant, je ne suis pas trop embêté avec ça). Voilà pourquoi tout se résume à cette question : Est-ce que vous croyez en mes livres ? Pas en moi, mais en ces oeuvres que vous avez peut-être déjà lues. Et si la réponse est non, je ne vous en voudrais pas, nous ne serions que d’accord l’un avec l’autre. Aussi, faites-le si vous y croyez et avez des raisons de le faire. Encor une fois, si – par exemple – vous connaissez des gens à qui vous pourrez en parler. Parce que sans aide de votre part, il est absolument certain que le livre ne se vendra pas, donc à rien ne sert d’imprimer les contrats.

Petite précision : le pari se ferait sur un livre à paraître, sachant que je dois en sortir entre 10 et 15 les mois qui arrivent. Ça veut dire que ça ne concerne pas les livres ayant déjà fait leurs deux ventes habituelles. Après, si vraiment vous pensez qu’un des livres déjà sortis depuis des mois s’apprête à connaître une mise en lumière dingue dans le milieu littéraire, libre à vous de choisir celui-là.

En tout cas, merci à celles lisant mes livres de le faire (oui, “celles”, je n’ai pas de lecteur), merci aussi à tout ceux allant au bout de cette lettre d’information. J’en connais beaucoup qui n’auront pas le courage d’affronter 11 paragraphes.

P.S. : L’annonce de ces prochains livres arrive normalement dans le mois.

Ci-dessous, un formulaire. Vous pouvez le remplir si l’idée vous intéresse, mais aussi si vous avez la moindre question, on me contacter autrement.

Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.
Si vous avez le moindre commentaire, la moindre question, suggestion, envie, peu importe. En lien avec le sujet, hein, bien entendu.